ALAIN DUMAS

Comédien

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Posté le 2018-06-07 17:47:23 :

Le dîner de cons :




LE DÎNER DE CONS// LE GRENIER THÉÂTRE



LES BOULETTES DE PIGNON

publié le 06/06/2018
(Le Grenier Théâtre)




C’est chose réglée pour cette saison et attention, ça ira vite pour la suivante : au Grenier Théâtre, la compagnie Cléante peut s’attendre à jouer à guichet fermé. Pourtant, rien n’était gagné, l’efficacité d’un texte ne fait pas tout, d’autant que ce grand classique du boulevard ne va pas sans son joyeux cortège de fantômes. Qui veut monter Le Dîner de cons affronte une difficulté de taille : il faut trouver son con. Et tout talentueux qu’ils soient, bien des comédiens en feraient de mauvais. Ce personnage engage une certaine aptitude à disparaître, une humilité de jeu, une palette burlesque qui ne passe jamais en force – autant de traits de caractère et de qualités d’interprétation qui font de Denis Rey ce « con de classe mondiale » tant désiré par Pierre Brochant, alias Alain Dumas.

« Y’a des allumettes au fond de [s]es yeux » (Higelin)
Si le naïf maquettiste est un rien tête en l’air, le mot semble finalement mal choisi : con, François Pignon l’est peut-être moins que les autres. Au sens de Brassens en tout cas. Sacré con(nard), en revanche, que ce Pierre Brochant, Don Juan cynique cherchant à proposer à des convives le plus candide et passionné des pigeons ; un demi-con, sans doute, que ce Juste Leblanc restant sur les lieux pour le seul plaisir de se fendre la poire. Un méchant con, enfin, que le jubilatoire Cheval, contrôleur fiscal hérité du comique de caractère, et qui sera sanctionné de la manière la plus traditionnelle qui soit. Mais n’allons pas, comme disait l’autre, nous perdre en conjonctures sur la nature des cons.
Il y a boulevard et boulevard, on n’en démordra pas. La recette fonctionne depuis des siècles, Francis Veber s’y entend comme pas deux pour enchevêtrer les situations, créer rebonds et complications à partir de données initiales bien choisies. Un petit temps de chauffe pour présenter ces données, puis la mécanique passe son premier cran et dès lors, l’ensemble roule sans gripper, prend en volume, l’engrenage comique étant si efficace qu’il ne nécessite « que » l’huile d’un jeu réglé. Pas si simple, pourtant. Un véritable poids que de passer après les acteurs que l’on sait, certains récompensés par un César, et tous immortalisés dans des scènes désormais culte. La bonne idée, déjà : en terme d’incarnation, s’éloigner des références télévisuelles, contourner la comparaison. Alain Dumas, qui monte joliment en puissance à mesure que son personnage s’empêtre dans son imbroglio, fait sans peine oublier Thierry Lhermitte. Laurent Collombert, à la direction, a su exploiter la palette, l’apport de chacun dans l’équilibre du tout. Ce sont les rires de Juste Leblanc (Samuel Mathieu), spectateur de cette comédie et double du public, ou encore la tension instillée par l’arrivée de Cheval (Marc Compozieux), qui ouvrent des respirations dans ce délicieux duo de caractères formé par Denis Rey et Alain Dumas. Seul regret, hélas inhérent à l’écriture de Veber : Angélique Infante et Anne-Sophie Delahaye sont moins bien servies, avec des partitions fugitives et pour le coup, assez datées. Ce qui ne devrait pas gâcher le plaisir d’un public majoritairement acquis au texte, mais curieux de mesurer le défi qu’il y a à le jouer.

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Manon Ona









Francis Veber / Laurent Collombert
Avec Alain Dumas, Denis Rey, Samuel Mathieu, Marc Compozieux, Richard Vergnes, Angélique Infante, Anne-Sophie Delahaye, Philippe Canizarès (en alternance)
Régie son/lumière : Erwan Guillou
Décors : Olivier Hébert et Annie Giral

© Mona

Du 5 au 9 juin 2018
Le Grenier Théâtre












Posté le 2018-06-07 17:36:17 :

Le dîner de cons de Francis Véber :

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